Hôtel Bachaumont, 18 rue Bachaumont, Paris 2e

Avec 1 Million d’euros d’or… ou de silence, Paul Honvo, artiste plasticien, propose une œuvre qui interroge la manière dont nous construisons la valeur lorsque rien n’est visible. Dix coffres-forts strictement identiques composent l’installation. L’un d’eux renferme plusieurs dizaines de milliers d’euros d’or, certifié par l’expert numismatique David Knoblauch venu spécialement pour la performance artistique de l’artiste, ainsi que Maître Charles Poncet (commissaire de justice), ayant lui aussi fait le déplacement. Les neuf autres sont vides (ou du moins remplis d’un poids égal à la quantité d’or déposée dans celui qui possède l’or afin que chacun des coffres fasse exactement le même poids). Une fois verrouillés, les coffres deviennent indiscernables, abolissant toute possibilité de distinguer l’or du silence.

Le Geste Scellé

L’œuvre explore la tension entre valeur réelle et valeur perçue, entre croyance et certitude. Elle s’inspire du paradoxe de Schrödinger, où plusieurs vérités coexistent tant que la boîte reste fermée. Ici, tant qu’aucun coffre n’est ouvert, chacun peut contenir l’or. L’installation devient un espace mental où se projettent nos désirs, nos doutes et nos propres mécanismes de croyance.

La performance Le Geste Scellé, menée sous protocole officiel en présence de Maître Poncet, huissier de justice et de David Knoblauch (expert numismatique), vient sceller cette incertitude. L’or est placé dans l’un des coffres, puis l’ensemble est verrouillé. Le secret devient définitif. L’œuvre commence là où les certitudes s’arrêtent.

Explication du titre

Durant la performance, l’artiste introduit dans l’un des coffres plusieurs dizaines de milliers d’euros d’or, authentifiés en présence de David Knoblauch (expert numismatique), ainsi que de Maître Charles Poncet. Toutefois, l’artiste décide de ne pas révéler le montant exact. Seuls l’expert en métaux précieux et le commissaire de justice connaissent la valeur précise introduite le jour de l’événement.

Ce silence autour du montant n’est pas un manque d’information, mais un parti pris artistique. D’une part, l’artiste invite à déplacer l’attention du chiffre vers l’expérience en elle-même. D’autre part, il prend en compte la nature instable de la valeur de l’or, dont le cours évolue constamment et tend à augmenter au fil des années.

Ainsi, le titre ouvre une projection : quand la valeur contenue dans le coffre atteindra 100 000 euros, alors l’ensemble des dix coffres pourrait symboliquement représenter un million d’euros… ou rien. Entre présence réelle et incertitude totale, le titre met en tension deux extrêmes et laisse aux spectateurs la responsabilité d’en éprouver le sens.

Note d’intention

1 Million d’euros d’or… ou de silence est né d’une interrogation simple : comment naît la valeur lorsque rien n’est visible ? Depuis longtemps, je m’intéresse à ces richesses immatérielles qui structurent nos sociétés : l’argent, les marques, les réputations, les œuvres d’art. Leur existence repose sur un accord tacite, une croyance partagée. Rien n’est tangible, tout est mental.

Les dix coffres identiques se sont imposés comme la forme la plus juste pour matérialiser cette idée. Dix volumes semblables, sans hiérarchie, sans indice. L’un contient plusieurs dizaines de milliers d’euros d’or certifiés. Les autres ne renferment rien. Une fois verrouillés, les coffres deviennent indiscernables. L’or cesse d’être un objet pour devenir une hypothèse.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le métal, mais ce qui se passe dans l’esprit de celui qui regarde. L’œuvre n’impose aucune vérité : elle ouvre un espace intérieur où chacun projette ses certitudes, ses désirs, ses peurs. Peutêtre que l’or n’est pas un objet, mais une pensée. Une étincelle qui naît dans l’imaginaire du spectateur.

Le paradoxe du chat de Schrödinger m’a accompagné tout au long du processus. Tant que la boîte reste fermée, le chat est à la fois mort et vivant. Tant qu’aucun coffre n’est ouvert, chacun peut contenir l’or. L’œuvre existe dans cet entredeux, dans cette zone où plusieurs vérités coexistent.

Elle ne cherche pas à résoudre le mystère, mais à le maintenir vivant.

La performance Le Geste Scellé vient rendre ce mystère irréversible. En présence de Maître Poncet, huissier de justice et d’un expert, L’or est placé dans l’un des coffres, puis l’ensemble est verrouillé. Ce geste officialise le secret. À partir de ce moment, même moi, je ne peux plus revenir en arrière.

Ce projet est une invitation. À ralentir. À observer. À interroger ce qui, pour chacun, possède réellement de la valeur. À accepter que certaines réponses n’apparaîtront peutêtre jamais. À considérer que le silence, parfois, vaut autant que l’or.

— Paul Honvo

Genèse du projet

Le projet trouve son origine dans une réflexion entamée plusieurs années auparavant. Paul Honvo s’intéresse depuis longtemps aux mécanismes invisibles qui façonnent nos sociétés : la confiance, la réputation, la spéculation, la valeur attribuée à l’art. Ces forces immatérielles, souvent silencieuses, déterminent pourtant une grande partie de nos comportements.

Cette genèse témoigne d’un processus long, nourri de lectures, d’expérimentations et de discussions. Elle révèle aussi la volonté de l’artiste de créer une œuvre qui ne repose pas sur un effet spectaculaire, mais sur une tension intérieure, presque méditative.

Description de l’œuvre

L’installation 1 Million d’euros d’or… ou de silence se compose de dix coffres-forts miniatures, tous strictement identiques, dont la présence discrète contraste avec la charge symbolique qu’ils portent.

Chacun mesure 15 cm de hauteur, 15 cm de profondeur et 20 cm de longueur, pour une contenance de 4 litres. Leur format compact, presque modeste, participe à la tension de l’œuvre : rien, dans leur apparence, ne laisse deviner que plusieurs dizaines de milliers d’euros d’or certifiés reposent dans l’un d’eux.

Chaque coffre est doté d’une ouverture électronique, avec un système de code maître et de codes utilisateurs, et d’un verrouillage numérique offrant un premier niveau de protection. Leur surface en acier présente une texture légèrement granuleuse, typique des petits coffres-forts domestiques. Cette rugosité industrielle contraste avec la précision du covering. Les couleurs choisies — noir, jaune orangé, jaune, vert, marron clair, gris clair et gris foncé — créent une palette subtile, presque camouflée, qui renforce l’indiscernabilité des pièces. Aucun coffre ne se distingue réellement des autres ; chacun pourrait être celui qui renferme l’or.

Les coffres reposent sur des socles en MDF noir mat, lisses et légèrement brillants, d’une hauteur de 2,5 cm, pour 35 cm de longueur et 30 cm de largeur. Avec leur socle, chaque pièce atteint un poids total de 4,2 kg (2,1 kg sans socle). L’ensemble est présenté en ligne, face aux invités, dans une disposition volontairement frontale. Cette mise en scène simple, presque cérémonielle, impose une lecture directe : dix formes alignées, dix possibles, dix vérités qui coexistent.

La sobriété de l’installation est essentielle. Aucun artifice, aucun éclairage spectaculaire, aucune mise en scène superflue ne vient orienter le regard. La force de l’œuvre réside dans cette neutralité apparente, dans cette absence de hiérarchie visuelle. Le spectateur se trouve face à une série d’objets qui semblent interchangeables, mais dont l’un contient plusieurs dizaines de milliers d’euros d’or. L’œuvre ne repose pas sur ce qui est visible, mais sur ce qui échappe au regard. Elle installe un espace mental où se superposent plusieurs vérités possibles, où la valeur se déplace du métal vers l’idée, du tangible vers l’imaginaire.

Dans cette ligne de coffres, rien ne trahit le secret. L’or est peut-être là, peut-être ailleurs. Peut-être nulle part. L’installation devient un terrain d’observation silencieux, où chacun projette ses propres certitudes, ses doutes, ses désirs. Elle interroge la manière dont nous construisons la valeur, dont nous décidons de croire, dont nous acceptons — ou non — l’incertitude.

Référence scientifique : le paradoxe de Schrödinger

L’œuvre s’inspire du paradoxe du chat de Schrödinger, expérience imaginaire formulée en 1935 pour illustrer la superposition des états en physique quantique comparé au monde macroscopique. Dans cette expérience, un chat enfermé dans une boîte est considéré comme simultanément mort et vivant tant que la boîte reste fermée. Ce n’est qu’en l’ouvrant que l’on découvre la réalité.

Paul Honvo transpose ce principe à l’échelle de l’art contemporain. Tant qu’aucun coffre n’est ouvert, chacun peut contenir l’or. L’installation devient un espace mental où coexistent plusieurs vérités possibles. Elle ne cherche pas à résoudre le mystère, mais à le maintenir vivant.

La performance : Le Geste Scellé

La présentation de l’œuvre a été suivie d’une performance, moment décisif du projet. En présence d’un huissier de justice (Maître Charles Poncet) et de David Knoblauch (expert numismatique), l’or a été présenté, authentifié, puis placé dans l’un des coffres. Une fois l’or déposé, les dix coffres ont été verrouillés. Leur indiscernabilité est devenue définitive.

Ce geste officialise le secret. Il marque le passage de l’œuvre de l’état de préparation à l’état d’existence. Il scelle le doute, installe la tension et rend l’incertitude irréversible. À partir de ce moment, même l’artiste ne peut plus revenir en arrière. L’œuvre commence là où les certitudes s’arrêtent.

L’expérience du collectionneur

L’œuvre propose un dilemme inédit aux collectionneurs. Chacun peut choisir de demander la clé de son coffre ou de la refuser. Demander la clé, c’est choisir l’or. Refuser la clé, c’est choisir l’art. Ce choix engage la relation du collectionneur à la valeur, au risque, à la croyance. Il transforme l’acquisition en un acte intime, presque philosophique.

L’œuvre ne se limite pas à un objet : elle devient une expérience, un engagement, une position. Elle interroge la manière dont chacun se situe face à l’incertitude, face au désir, face à la projection. Elle dépasse le cadre traditionnel de l’acquisition pour devenir un acte existentiel.

Portrait de l’artiste : Paul Honvo

Paul Honvo, artiste plasticien coté à l’indice officiel ICAC, développe depuis plusieurs années une œuvre qui mêle culture pop, interventions urbaines, installations spontanées et projets conceptuels.

Autodidacte, il commence à créer très jeune et se fait remarquer par ses actions dans l’espace public, où il expose ses œuvres directement dans la rue. Son personnage récurrent, Moogy, héritier des cartoons américains, accompagne une démarche qui observe et questionne les paradoxes de la société contemporaine.

L’exposition Keith Haring à Lyon en 2011 au musée d’art contemporain constitue un tournant. L’artiste amateur devient professionnel, affirmant une présence singulière sur les réseaux et dans l’espace urbain. Il multiplie ensuite les projets hybrides : conférences de presse, collaborations avec des chefs, dirigeants d’entreprises, commandes privées, happenings engagés. La vente de Folie Sacrée pour 10 000 euros en 2024, œuvre qu’il avait utilisé lors d’un happening urbain et ses autres projets/ventes, le propulse à la 38 place de l’indice ICAC.

Ces dernières années, Paul Honvo amorce une évolution vers des œuvres plus conceptuelles, plus rares, plus exigeantes. Ascension, présentée à l’Hôtel Pullman de Lyon, incarne cette transition. 1 Million d’euros d’or… ou de silence s’inscrit pleinement dans cette orientation, en affirmant une pratique où la valeur, la projection mentale, la mise en scène et l’incertitude deviennent des matériaux artistiques à part entière.

Stratégie de médiatisation

L’expertise de l’or est assurée par David Knoblauch (expert numismatique). Le constat d’huissier par Maître Charles Poncet. La stratégie de médiatisation est assurée par Caroline Elbaz-Zenatti, attachée de presse, qui accompagne Paul Honvo depuis le projet Ascension. Plusieurs personnalités et institutions ont déjà pris connaissance du projet, dont Isabelle Bertolotti, directrice du MAC Lyon et directrice artistique de la Biennale de Lyon, ainsi que les maisons de ventes De Baecque & Associés et Aguttes.

« Cette avant-première privée ne constitue pas une explication exhaustive, mais une ouverture. Certaines réponses n’apparaîtront peut-être jamais… Et c’est précisément là que commence l’œuvre. »

— Paul Honvo

By Art-Trends

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