Autorité de renommée mondiale sur Frédéric Bazille, Michel Schulman (bazille catalogue.com/mschulman.html) publie en ligne le catalogue raisonné numérique complet bilingue des œuvres de ce peintre du XIXe siècle. Par sa personnalité, son œuvre et son destin, Frédéric Bazille occupe dans l’histoire de l’art une place aussi originale qu’inattendue.
Ce catalogue raisonné numérique met non seulement à jour toutes nos connaissances sur Bazille mais il présente aussi des œuvres inconnues expertisées par Michel Schulman. Citons ici les découvertes les plus remarquables telles que : Portrait de Verlaine, La Repasseuse, Nu allongé, Nature morte aux raisins et aux noix, Portrait de Renoir, Mélopée, Fin d’un après-midi d’été et Thérèse lisant dans le parc de Méric. Autant de sujets variés aux caractéristiques parfois dissemblables.
Les dessins n’échappent pas à cette analyse. L’Homme à la pipe, Jeune Femme aux pivoines, Portrait de famille étaient des œuvres auparavant inconnues qui viennent, à juste titre, élargir le corpus de Bazille, tout comme cette unique eau-forte Vue de village dont on se demande comment Bazille en a fait l’apprentissage.
La biographie de Bazille, l’homme comme l’artiste, a aussi été renouvelée, notamment dans son illustration plus nourrie et variée que celle de l’édition de 1995.
La vie et l’œuvre de Bazille réservent bien des surprises et soulèvent encore des questions. Comment expliquer les diverses inflexions de son œuvre, sa décision de venir étudier à Paris et son ultime volonté « républicaine » – fatale – de s’engager dans la guerre de 1870 ? Autant de mystères qui l’enveloppent et qui en font une personnalité marquante de l’histoire de l’art. C’est à quoi ce catalogue raisonné entend répondre.
LA BIOGRAPHIE D’UN PEINTRE HORS NORMES
Le catalogue comporte une biographie fouillée de l’artiste. Issu d’une famille bourgeoise protestante, Frédéric Bazille est imprégné de l’art traditionnel du début du XIXe siècle collectionné par son ami Alfred Bruyas. Il doit sans doute plus aux circonstances qu’à sa
vocation – du moins à ses débuts – sa passion pour le paysage et la couleur car, à l’orée des années 1860, il ne les a pas encore découverts ailleurs que chez Delacroix et Courbet dont les tableaux ornaient l’hôtel particulier d’Alfred Bruyas à Montpellier.
À l’atelier Gleyre, sa rencontre avec Monet, Sisley et Renoir sera déterminante mais ce n’est pas le choix de cet atelier – somme toute traditionnel – qui va marquer son avenir, d’autant qu’il le quitte rapidement en même temps que ses futurs amis.
Rien ne semble donc avoir prédisposé Bazille à suivre la vocation de Monet, Renoir et Sisley. Et comment ne pas s’étonner qu’il décide de poursuivre ses études de médecine à Paris alors que la faculté de Montpellier était la plus prestigieuse ? Faut-il y voir la main et l’influence de Bruyas que la lumière des paysages et les ciels de Boudin avaient probablement déjà séduit ?
Marqué par l’énergie de ses amis, par la rupture avec la tradition, Bazille s’engage dans une voie – l’impressionnisme – qui ne sera pourtant jamais la sienne. Ainsi s’explique toute son œuvre que la destinée viendra faucher au moment où elle semblait vouloir éclore.
Parmi les influences, c’est certainement celle de Monet qui sera la plus déterminante. Tourné vers la lumière, Bazille en montre de multiples aspects certes parfois contradictoires. Mais loin de Monet, la palette de Bazille hésite entre ombre et lumière, dextérité et naïveté. Pour preuves ? Son Paysage de Saint-Sauveur et sa Marine à Sainte-Adresse, son austère Forêt de Fontainebleau et son lumineux Paysage à Chailly. Tout cela à la même époque.
UN CATALOGUE MIS À JOUR EN TEMPS RÉEL
Décrypter l’œuvre de Bazille n’est pas chose facile et ses atermoiements picturaux en rendent l’expertise parfois compliquée. Pour mesurer ces difficultés, on retiendra qu’après ses tableaux Jeune Femme aux pivoines de 1870 où il semble définitivement suivre Manet, il se lance dans ses Bords du Lez de la façon la plus surprenante et inattendue. Si on veut comprendre l’œuvre de Bazille, on doit s’attendre à y trouver des aspects multiples et variés qui viennent parfois détrôner des idées préconçues. Le catalogue tiendra compte en temps réel de la progression des recherches sur l’artiste.
Plusieurs œuvres du peintre ont disparu et restent aujourd’hui introuvables. On peut citer Bouquet de lilas ou Enfants déguisés en mariés qui sont documentés. En l’état actuel de ce catalogue, Michel Schulman référence plus de quatre-vingts peintures, une trentaine d’œuvres sur papier ainsi que deux albums conservés au musée du Louvre.
Un moteur de recherche permet d’accéder aux œuvres par de multiples critères (titre, date, lieu de conservation, technique, etc.). Le catalogue est enrichi d’une bibliographie et de la liste des expositions dans lesquelles ont figuré des œuvres de Bazille.